05/11  30/01/21
Marion Charlet
… Et l’été reviendra.

Galerie Paris-Beijing

A Wedding Banquet, 2020, Acrylique sur toile, 146 x 114 cm © ADAGP, Paris, 2020-2021
A Wedding Banquet, 2020, Acrylique sur toile, 146 x 114 cm © ADAGP, Paris, 2020-2021

Exposition virtuelle puis en réel, dès que possible

Séduisant par sa palette, puissant par la qualité de son dessin et l’intensité de ses aplats, l’art de Marion Charlet s’applique à la représentation d’un monde à part, tant féérique qu’étrange. Les couleurs et motifs que l’on retrouve dans l’ensemble de son œuvre donnent naissance à un univers unique, propre à l’artiste. Avec l’exposition « … Et l’été reviendra. », qui ouvre virtuellement ses portes le 5 novembre, la Galerie Paris-Beijing invite le public à plonger dans cet univers éclatant. Cette exposition marque le début de la collaboration de la Galerie avec Marion Charlet.

La déambulation de peinture en peinture nous transporte vers un Eden, dans lequel grands espaces intérieurs et verdures foisonnantes s’imbriquent. Désertés de toute présence humaine, sauf quelques témoins matériels qui semblent rappeler un passage, il nous est facile de nous immerger dans ses œuvres : autant dans ses peintures que ses aquarelles, dans des grands et petits formats.

Dans ces véritables peintures-fenêtres, parfois littéralement, avec sa série des Cruising (2020), nous sommes invités à découvrir des terres inconnues qui apparaissent vite pleines d’oppositions. Un monde ordonné et architecturé, marqué par des lignes droites et de grandes constructions où les moindres détails sont minutieusement travaillés, s’oppose à une nature abondante, chaotique, qui semble souvent lui disputer l’espace, allant parfois jusqu’à faire basculer l’impression de calme vers un sentiment d’inquiétude latent. Ces espaces – I will rest there (2017), Like a bird (2017) … – rappellent alors ces lieux abandonnés à la hâte, avant l’arrivée d’une catastrophe soudaine.

Marion Charlet ne peint pas la réalité : ses paysages évoquent au contraire un songe d’été dans lequel elle nous convie. Sa démarche est marquée par le souvenir de lieux aimés qu’elle va modifier, en créant à partir de photographies grâce auxquelles elle s’est constituée une véritable mémoire de motifs et de formes. Elle retravaille leurs dimensions, leurs lignes, leurs perspectives, avant de les peindre dans des tons toujours clairs, sans ombres ou presque, dans des aplats parfaits, qui participent à cette impression d’irréalité. Ses couleurs acidulées donnent forme à ses compositions et ses atmosphères psychédéliques, dont un certain kitsch marque encore ce décalage entre une apparence de repos et un calme inquiétant.

Tout cela donne l’impression d’un monde contenu, en dehors de tout, dans lequel le spectateur peut se projeter : ce que Marion Charlet veut créer avant tout, ce sont des « espaces atemporels où tout le monde peut se retrouver, y être attiré.

À l’inverse de la grande majorité de ses peintures, sa nouvelle série Ciao (2020) introduit la figure humaine dans des grands formats où l’artiste met en scène de véritables chorégraphies colorées. Les compositions, concentrées sur les corps de ses danseurs, nous permettent de nous identifier facilement à ces silhouettes anonymes qui s’effacent au profit de leurs mouvements. Si les paysages disparaissent ici, la même palette de couleurs donne cœur à ces danses joyeuses, qui prennent place sur des fonds colorés où le bleu caractéristique de l’artiste domine.